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 Ep 2 - Ch 1 - Confessions à l'écurie

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AuteurMessage
Laurie



Messages : 47
Date d'inscription : 09/07/2018

MessageSujet: Ep 2 - Ch 1 - Confessions à l'écurie    Lun 3 Déc - 12:17

Confession à l'écurie225 lignes
Utilisation d'un résumé x2
Random Number
NOM
Prénom
NOM
Prénom
Depuis son retour de France, Billie était tombée dans une spirale infernale, composée uniquement de travail. Elle travaillait, encore, encore et encore. Elle ne faisait plus que ça de sa journée. C’était sa façon à elle de ne surtout pas réfléchir, de détourner son cerveau de toutes les pensées négatives qui pouvaient la touchait. Alors oui, certes, elle s’épuisait un peu. Mais au moins, le soir, elle était tellement fatiguée qu’elle tombait raide endormie, et elle ne mettait pas des heures à tomber dans les bras de Morphée.

Sauf que ses chevaux ne pouvaient pas non plus passer des heures et des heures à travailler non stop. Oui, elle travaillait Dinah et Moonlight presque tous les jours en ce moment. Oui, elle alternait les séances montées, longées, les balades, les trottings et les heures à les papouiller. Mais il finissait toujours par arriver qu’elle n’ait plus rien à faire, à son grand désespoir.

C’est dans un de ces moments que Louis la trouva, en une fin d’après-midi. Assise dans la sellerie, se triturant les doigts, elle attendait. Quoi, elle n’en savait rien, mais elle attendait.

- Ben alors Billie, qu’est-ce que tu me fais ?
- Je m’ennuie. T’as pas quelque chose à me faire faire… ?
- Tu veux pas te poser un peu.. ?
- Pas vraiment non.

L’entraîneur ne put lui faire aucun reproche. Il était passé par là, lorsqu’ils s’étaient embrouillés avec Gaby. Il aurait été bien mal placé pour lui dire de ralentir parce qu’elle en faisait trop, alors que lui-même était incapable de se poser quand ça n’allait pas. Il s’assit donc à ses côtés, prêt à en parler un peu avec elle.

- Tu voudrais qu’on en parle ?
- Je sais pas trop. C’est pas simple.  

Elle inspira profondément, ne sachant pas trop par où commencer. Elle aurait besoin d’en parler, c’était vrai. Mais elle n’avait pas l’habitude d’être dans ce rôle là. D’habitude, elle était celle qui écoutait tout le monde, qui conseillait, mais jamais l’inverse. Même lorsque son frère était parti, elle avait été l’oreille attentive, que ce soit pour Santana ou pour ses petites sœurs. Mais jamais personne ne l’avait écouté, parce qu’elle avait à chaque fois dit qu’elle n’avait pas besoin de parler. Alors forcément, elle ne savait pas trop comment faire.

- Viens, suis moi.

Louis avait bien vu que la jeune femme ne savait pas trop comment lui parler de ce qui n’allait pas, et il était presque sûr d’avoir une manière de l’amener petit à petit à se confier. Il l’entraîna vers une des écuries de l’académie, dans laquelle la jeune femme n’avait jamais mis un pied (à son plus grand étonnement d’ailleurs).

- On est où là ?
- Dans l’écurie réservée aux chevaux proposés à l’adoption. Ils sont là parce que leurs propriétaires sont partis, ou parce qu’ils ont été confié à l’école pour trouver un cavalier qui voudra prendre soin d’eux. J’ai vu l’info la dernière fois qu’on était au club house, et j’ai trouvé ça sympa. Je dis pas qu’on doit forcément en adopter, hein. Mais si on peut les bichonner un peu, ça leur fera pas de mal.

Certes, les palefreniers s’occupaient de ces chevaux, et ils étaient sortis assez régulièrement. Mais ce n’était pas la même chose que d’avoir un cavalier attitré. Et puis, il était presque sûr que Billie arriverait plus facilement à se confier si elle était occupée en même temps.

- Comme quoi, on en apprend tous les jours ici…

Ils commencèrent donc à avancer lentement dans l’allée, la jeune femme regardant chaque box un par un. Ils avaient tous un petit quelque chose, et si elle s’était écoutée, elle se serait arrêtée à chaque fois. Mais elle n’allait pas non plus pouvoir s’occuper de tous aujourd’hui.

Elle finit par s’arrêter devant le box d’un poney. D’après la plaque de son box, il s’appelait Random Number. Il était gris pommelé, et elle eut un petit coup de cœur pour sa bouille. Elle avait toujours une préférence pour les poneys plutôt que pour les chevaux, allez savoir pourquoi… Elle lui tendit une main, le laissant la renifler un moment avant d’entrer doucement dans le box pour faire connaissance avec lui. Louis restait dans l’allée, la regardant faire, un petit sourire sur les lèvres. Rien qu’en voyant le poney, il avait sentit qu’elle s’était un peu détendue. Elle lui passa le licol qu’elle avait récupéré sur le portant du mur et l’emmena dans l’allée où elle l’attacha. Elle récupéra ensuite un sac de brosse qui se trouvait près du box du poney et se mit à le brosser tranquillement. Louis prit une étrille et s’y mit à son tour, avant de reprendre la parole :

- Donc, tu voulais me parler… ?

C’était un peu de la manipulation, de l’occuper ainsi pour la voir se confier. Mais il avait bien vu qu’elle avait besoin de parler à quelqu’un. Alors s’il pouvait la soulager de ça, au moins un peu, il était prêt à tout essayer pour le faire. La jeune femme resta silencieuse quelques instants, se mettant à fixer une poussière invisible sur la robe de Random, avant de se lancer :

- Donc comme tu le sais, quand on est rentré en France avec Santana, j’ai été voir mes parents. Ce que tu sais pas, c’est que je leur ai dit qu’on était ensemble et ça a un peu… dérapé ?

Et encore, « dérapé » était un bien faible mot…

- Déjà quand je suis arrivée je les sentais pas mal distants. Ils m’en veulent d’être partie à Full Horse, déjà parce que j’ai abandonné la médecine, mais aussi parce que c’était pour rejoindre Santana. Alors quand je leur ai dit qu’on était ensemble…

Elle s’arrêta, sentant sa gorge se serrer. Elle se remit à brosser le selle français quelques minutes, cherchant ses mots. Elle faisait de son mieux pour se retenir de pleurer, mais ce n’était vraiment pas simple.

- Ils m’ont foutus dehors.

Une larme échappa à sa surveillance, qu’elle chassa d’un geste rageur de la main. En face d’elle, Louis restait silencieux, attendant le bon moment pour lui répondre. Il sentait qu’elle avait d’autres choses à lui dire et ne voulait pas risquer de la couper dans son élan.

- Mon père a tenu des propos… pas mal homophobes. Je te passerai les détails. Je pense que dans tous les cas il aurait… pas accepté le fait que j’aime les femmes. Et les hommes. Enfin que je m’en fiche quoi… Mais quand j’ai dit que c’était avec Santana que j’étais…

Elle ferma les yeux quelques secondes, se remémorant beaucoup trop la scène à son goût.

- Il m’a dit que… je n’avais pas le droit de sortir avec elle parce que… c’était elle qui avait tué Will et que… Enfin voilà. Tu vois le topo…

Elle se rendit compte qu’elle brossait avec acharnement la même partie du corps du poney, et changea. Elle détestait son père de lui avoir dit ça, elle détestait sa mère de l’avoir laissé faire, elle détestait tout le monde pour l’instant. Elle était en colère, elle était déçue, et elle ne savait pas comment faire.

- Billie… Je suis vraiment désolé…
- T’y peux rien…

Le jeune homme avait abandonné sa brosse pour venir de son côté. Il la prit doucement dans ses bras, attendant de voir si elle répondait à son étreinte ou pas. Louis était tactile, mais il ne savait jamais si les autres l’étaient autant que lui ou pas. La jeune blonde se laissa faire, se glissant dans ces bras rassurants.

- Je sais pas trop gérer ça… Je les déteste, vraiment très fort, mais en même temps… je n’ai plus de famille et…

Elle avala difficilement sa salive.

- J’ai toujours accepté le fait que je pouvais sortir avec des filles mais je… savais pas que ce serait aussi dur de l’accepter devant les autres…
- Je ne te comprends que trop bien…

Foutue société hétéronormalisée à la con.
Elle se recula d’un pas, prit une brosse douce, et se remit au travail. C’était plus simple pour elle de parler quand elle était occupée, elle s’en rendait vraiment compte maintenant.

- Il y a… autre chose… ?

Louis était repassé de l’autre côté du poney, pour lui laisser un peu d’espace. Autant le contact ne la dérangeait pas, autant elle avait besoin de ne pas se sentir trop collée pour réussir à se confier. Tout le contraire de Santana, qui ne parlait pas tant qu’elle n’était pas dans les bras de quelqu’un…

- Avec Santana oui…

Et pour le coup, ce sujet était encore plus dur à aborder, parce qu’il lui faisait probablement encore plus mal que l’autre.

- Elle… n’est pas là. Bordel. Je veux dire… Quand je suis rentrée de chez mes parents, elle était pas là. Et les jours d’après, elle était là mais… Elle sait pas faire.

Elle ravala tout le ressentiment qu’elle avait envers sa petite amie. Parce que pour le coup, oui, elle lui en voulait. Désolée.

- Elle a toujours été celle qu’on écoute, celle qui ne va pas bien, qui est déprimée et tout le tralala habituel. Je ne dénigre pas ça, je sais qu’elle ne fait pas semblant et je suis vraiment heureuse de voir qu’elle va mieux mais bordel. Louis.

Elle avait envie de crier. Heureusement que Random Number était là, qu’elle ne le connaissait pas assez pour savoir ses réactions, et aussi qu’elle se trouvait dans une écurie, parce que sinon elle aurait explosé.

- Elle ne me demande jamais comment je vais, elle ne s’en occupe pas, elle s’en fiche ou je sais pas. Elle voit que ça va pas, je veux dire, tout le monde le voit, mais elle ne me demande pas si je veux parler, et quand j’essaye elle sait tellement pas faire que je finis pas abandonner. Et moi j’ai BESOIN que les rôles s’inversent pour une fois, j’ai besoin qu’elle soit là, j’ai besoin de me sentir… aimée, soutenue, tout ça. Mes parents m’ont foutu dehors parce que je suis avec elle, et elle, elle est plus vraiment là. Et. Je sais que j’ai pris la bonne décision, je dis pas, je sais que je veux être avec elle, mais en même temps c’est tellement dur, ça fait tellement mal que… Je suis fatiguée. Vraiment fatiguée. J’en peux plus de tout ça. Je voudrais qu’elle m’écoute, qu’elle soit là.

Elle avait tout sorti d’un coup, sans filtre, sans réfléchir. Et peut être qu’avec du recul elle l’aurait dit un peu différemment, mais le fond était là alors… tant pis pour la forme. Elle savait que Louis comprendrait.

- Billie… D’accord elle ne sait pas faire, mais ce n’est pas une excuse… C’est ta copine, elle doit être là pour te soutenir. Ça peut pas toujours être que dans un sens, c’est pas vivable ça.

Sans répondre, la jeune femme se mit à démêler les crins du poney. Louis reprit la parole :

- C’est normal que tu ais besoin qu’elle t’écoute. Il faut qu’elle se rende compte que les rôles peuvent être amenés à être inversés. C’est très chouette de ta part d’être toujours là pour elle mais… faut que l’inverse soit possible aussi. Surtout que, faut l’avouer… ça fait plusieurs années que tu… Je sais pas comment le dire.

Il ne voulait pas être méchant, mais c’était un peu dur à exprimer quand même.

- ça fait plusieurs années que tu supportes ses crises, que tu es là tout le temps. Quand elle t’appelait au milieu de la nuit, tu étais là. Quand elle a fini à l’hôpital, plusieurs fois, tu étais là. Elle a dormi chez toi pendant que tu étais encore à l’école de médecine, t’as supporté… beaucoup de choses Billie. T’as le droit d’être fatiguée de tout ça. T’as le droit d’en avoir marre. Je sais que ça va mieux en ce moment pour elle, mais là c’est ton tour d’avoir besoin de soutien. T’as été vraiment gentille, et patiente avec elle. Et t’as bien fait hein, je ne dis pas le contraire. Mais là… t’as besoin d’elle. Et elle est pas là. Alors t’as le droit de lui en vouloir.

En entendant tout ça, des larmes silencieuses avaient commencé à couler le long des joues de la jeune femme. C’était dur d’entendre cette vérité.

- J’irai lui parler. D’accord, elle ne sait pas faire, soit, mais il faut qu’elle comprenne qu’elle a pas le choix. Tu savais faire toi, la première fois que tu l’as vue dans un état de crise ? Non. T’étais là quand même. Donc elle pourrait le faire aussi.
- J’ai peur qu’elle retombe si…
- Billie. Tu ne peux pas tout garder pour toi tout le temps par peur qu’elle rechute. A un moment, faut aussi que tu penses à toi. Et faut qu’elle pense à toi aussi. Ses crises ne peuvent pas être au centre de tout, tout le temps. Surtout que ça fait un moment que ça va mieux quand même, et tout le monde le sait, toi la première.
- Oui…

Après avoir terminé la crinière, elle s’était attaquée à la queue du poney. Il était vraiment magnifique, et plus elle s’occupait de lui, plus elle tombait sous son charme.

- Merci…

Il aurait pu lui dire que tout allait s’arranger, mais il savait que ça ne servait à rien. Ce n’était pas ce qu’elle avait besoin d’entendre. Elle avait besoin que les choses changent, voilà tout. Elle avait besoin d’actes, pas de mots. Et c’était bien compréhensible.

Ils continuèrent de s’occuper du poney pendant encore plusieurs minutes. Billie lui cura les pieds et repassa même un coup de brosse douce. Pendant tout ce temps, Random Number n’avait pas bougé d’un poil, se laissant faire, appréciant les caresses que les deux cavaliers lui procuraient. Une fois forcée de reconnaître que le pansage était on ne peut plus terminé, Billie le détacha et l’emmena un peu brouter aux alentours de l’écurie.

- Et pour tes parents… Ce sont des cons. Sérieux. T’es une fille fantastique Billie, ils ont pas le droit de te rejeter parce que tu aimes les filles.
- Tu crois qu’un jour les gens nous laisseront aimer qui on veut sans rien dire… ?
- J’aimerai pouvoir t’assurer que oui…

Mais pour l’instant on était encore bien loin…
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Ep 2 - Ch 1 - Confessions à l'écurie
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